Mc11

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HORS LES MURS

Poussière(s) : opéra de chambre pour 4 chanteurs/comédiens, quatuor à cordes et dispositif électro-acoustique. Livret : Olivier Cohen ; musique : André Serre-Milan. Avec le Quatuor Tana. Dates à venir prochainement.

Dimanche 23 avril à 20h30, Théâtre du Vieux-Colombier : lecture d’Antigone à New York de Janusz Glowacki, dans la traduction d’Urszula Mikos et Olivier Cohen. Dans le cadre du Bureau des lecteurs de la Comédie-Française.

Samedi 27 mai, Arras Jazz Festival : Notes Bleues d’Olivier Cohen, Olivier Calmel et Tam de Villiers. Avec Karsten Hopchafel. Plus d’infos prochainement.

Du 3 au 27 juillet, Théâtre Notre-Dame (Avignon) : Antidote, de Nicoleta Esinencu. Traduction Alexandra Lazarescou.
Une longue histoire du gaz et du nucléaire, du zyklon B utilisé à Auschwitz, jusqu’à Tchernobyl, en passant par les menaces de contamination chimique en temps de Guerre Froide. Mais le gaz, c’est aussi une ressource naturelle qui répond à nos besoins primaires (se nourrir par exemple, se chauffer), c’est une source de vie, sauf qu’en Russie aujourd’hui le gaz est bien trop souvent coupé et notamment utilisé comme moyen de pression politique. Antidote est un monologue dressant un portrait au vitriol de la Russie, un portrait que l’on pourrait décomposer en trois séquences historiques, la Russie avant la chute du Mur de Berlin, la chute du Mur, la Russie post-soviétique.

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Groupe mise en scène en direct

Dans le cadre de ses Uberyou, Urszula Mikos monte un groupe mouvant pour des mises en scène en direct. Travail une fois par mois sur une journée le samedi, avec présentation le dimanche et le lundi.
Les membres seront sélectionnés parmi les participants aux stages.

Stage « Le Comédien performatif »

Uberyou4

dirigé par Urszula Mikos
les 5, 6 et 7 mai 2017 de 10h à 15h

Ouvert au danger, au vide, à l’inconnu, le comédien invente et se réinvente sans cesse. Pour développer la dimension performative du comédien, nous effectuerons un travail sur le corps et le mouvement, pour parvenir à inventer l’espace. Travail sur la mise en danger / la confiance.

Travail à partir de différents textes et sur de courtes formes performatives. Improvisations à partir de canevas.

CONDITION D’ADMISSION
Sélection sur CV

TARIF
120 euros

LIEU DE TRAVAIL
la Mc11
11 rue Bara 93100 Montreuil
Métro Robespierre (ligne 9)

INSCRIPTION : urszulamikos@hotmail.com

 

 

stage « Le Comédien protéiforme » avec Urszula Mikos

stage comedien proteiforme

dirigé par Urszula Mikos
les 27, 28, 29 et 30 avril 2017 de 12h30 à 18h30

Le comédien existe au sein d’une technique et grâce à elle. Mais il doit aussi être capable de « mettre en abyme son habileté » pour la dépasser. Le but du stage est donc de permettre aux comédiens de réinterroger leur rapport concret à la scène et au plateau, pour retrouver une liberté de jeu et création. Le comédien protéiforme est capable d’osciller entre incarnation et distanciation, ou simple médiation de paroles, poésie et hyper-réalisme, psychologie et parcours du personnage.

Travail sur des textes de Jelinek, Beckett, Euripide, Richard Maxwell…

Spécimens humains avec monstres -Télérama Sortir – par Elise Basso

Cette pièce parle de l’humain. L’humanité dans toute sa complexité. Ni beau, ni laid. Ni
bon, ni mauvais. L’Homme est tour à tour et à la fois doux, pathétique, monstrueux, cruel,
attendrissant, drôle. Complexe.
C’est ce que nous donne à voir la pièce.
Alice Zeniter, après des études sur la violence au théâtre, a voulu mettre fin à la vision
manichéenne qu’on en donnait pour nous proposer un débat ouvert à travers cette oeuvre
qui met en scène des humains et/ou des monstres selon notre propre vision des choses.
Une créature merveilleuse se voulant la femme parfaite mais pouvant se révéler être un
monstre cruel et pourtant si fragile. Un général de guerre qui doit, et veut, tuer son ancien
ami et le fils de cet ami mais éprouvant le « juste remord », prouvant qu’il peut être plus
humain qu’on ne l’aurait pensé. Un pur monstre qui s’affirme en tant que tel mais qui par le fait de s’assumer en devient plus sympathique que les personnages politiques mis
également en scène et qui, eux, veulent tromper l’opinion publique sur les atrocités de la
guerre pour une affaire de communication médiatique soit disant transparente, le tout dans une parfaite hypocrisie. Et enfin des soldats, ici présentés avec une telle la naïveté,
humanité et un tel malaise qu’ils en sont troublants. Le tout nous amène à nous
questionner sur l’humanité dans son ensemble dans notre monde actuel, en même temps
que tous ces personnages eux-mêmes se posent la même question.
Nous avons tous un monstre en nous, c’est un propos souvent repris au théâtre, mais
Alice Zeniter nous propose ici de considérer que dans ceux que nous considérons par
habitude comme des monstres, il y a aussi des humains. Oui, même chez ceux qui tuent :
les militaires. Du moins, dans cette fiction.
La mise en scène d’Urszula Mirkos, dans ce dispositif complètement blanc permet de
mettre également en valeur pleinement l’être humain car il se découpe par contraste.
L’auteure fait preuve d’une grande virtuosité dans le maniement de la langue, ce qui ajoute
une force au texte telle qu’il n’en perd pas même après plusieurs écoutes. Le choix des
mots est juste. Justement humain. Complexe et authentiquement humain.
Les comédiens, grâce à la mise en scène mais aussi grâce à leur formidable talent, leur
présence qui ne faiblit jamais d’un soir à l’autre, renforcent les propos du texte.
Je rajouterai un mot sur le cadre du spectacle, ce petit théâtre nommé La Fabrique* car ils
utilisent tous les moyens du bord : par exemple le hall d’accueil sert aussi de pièce annexe
de jeu où sont filmés les comédiens, le tout retransmis par vidéo-projection sur le fond
blanc de la scène.
Bref, texte, dispositif scénique et mise en scène, rythme de la pièce, et comédiens,
permettent finalement de mener cette production-laboratoire à merveille, sans aucune
faille.
Originalité, force, nouveauté, beauté, humanité dans toute sa complexité, émotions
diverses, réflexion, Spécimens humains avec monstres est LE spectacle à voir cette
saison, même pour un public non-averti.

La pensée – par Jean-Pierre Thibaudat – décembre 2012

« Le théâtre est-il un lieu de l’enfermement ? » cela aurait pu être le titre de l’article. C’est en tous cas, une question que l’on se pose en sortant du magnifique spectacle que signe et joue (seul) Olivier Werner à la Fabrique Mc11 de Montreuil : « La pensée » d’après Léonid Andreïev. Première représentation jeudi dernier, dernière ce dimanche. Quatre représentations. Comment parler d’un spectacle qui, à peine né, est déjà mort ? Le temps était trop court pour écrire un article et qu’il soit publié à temps sur « théâtre et balagan », mon blog sur rue89. A quoi bon dire, après coup, que l’acteur (qui n’est pas un nouveau venu mais un gugusse, comme on dit, confirmé) interprète avec une force stupéfiante le personnage du docteur Kerjentsev, héros unique du récit écrit par l’un des plus étranges romanciers russes ?
Dommage, car, à cette occasion, on aurait pu évoquer la figure de Laurent Terzieff qui se fit
connaître au théâtre avec ce texte sur la scène du défunt Théâtre de Lutèce au début des années 60. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, attendant son jugement, le docteur explique à  « messieurs les experts » pourquoi et comment il a tué son meilleur ami sous les yeux de la compagne de ce dernier et amour non payé de retour du meurtrier. Il dit pourquoi ce n’est pas un crime passionnel, impulsif, mais un crime programmé comme le sont souvent les suicides, du fond de sa cellule il va très loin dans des zones où tout se renverse ou la folie apparaît comme une forme de la lucidité extrême, ou la normalité apparente se révèle un embrigadement mortifère. L’attachée de presse du spectacle, elle aussi, confirmée, était désespérée. Depuis des semaines elle passait son temps à faire
en sorte que des directeurs de lieux, ces « messieurs les experts » de la profession, viennent voir le spectacle. Mais ils étaient injoignables, débordés. Seul dans la salle ce soir-là, le directeur du TGP de Saint Denis, un homme de métier qui fait son métier. Olivier Werner espèrait, lui, à travers ces quatre représentations pouvoir montrer son travail à bon nombre de directeurs de lieux, et sûr de la qualité de son spectacle, de la légèreté de son décor et du prix raisonnable de la représentation, bâtir une tournée. C’était sans compter sans l’enfermement du théâtre, ou la curiosité est une denrée rare.
L’acteur était enfermé dans sa bulle utopique, « messieurs les experts » dans leurs bureaux, leur quant à soi ou je ne sais quoi. La jonction ne s’est pas faite, encore une fois. Folie que tout cela. »
JEAN-PIERRE THIBAUDAT

Poussière(s)

André Serre-Milan, musique / Olivier Cohen, livret / Urszula Mikos, mise en scène / Quatuor TANA / distribution vocale en cours

Opéra de chambre pour 4 chanteurs/comédiens, un comédien-bâtisseur, quatuor à cordes et dispositif électro-acoustique, vidéo.