Projet

par lamc11

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Si la première raison d’être d‘un laboratoire de recherches est la totale liberté de travail, sa finalité profonde est l’affirmation de plusieurs exigences :

rendre compte de l’évolution de notre société

valoriser les dramaturgies et les textes poétiques qui interrogent notre réalité dans toute sa complexité et son ambiguïté

questionner la forme théâtrale elle-même pour renouveler la relation entre acteur, personnage, spectateur, espace et cité

expérimenter de nouvelles pratiques et modalités d’apparition

A la Mc11, Urszula Mikos valorise les expériences, les essais, leurs surprises et leurs émerveillements. Eux seuls peuvent nous permettre de sentir, de penser et de dire autrement pour rompre avec les normes sur lesquelles notre existence sociale repose.

Urszula Mikos et Olivier Cohen proposent depuis leur rencontre en 1989 un programme artistique qui lie exigence esthétique, savoir-faire technique et expérimentation. Ce programme prend des formes aussi diverses que des créations, des temps d’expérimentation et de la formation. La spécificité de leurs univers réside dans les dialogues entre théâtre, musique, opéra et image. Sensibles aux problématiques à la précarité, la solitude, les problématiques liées à l’immigration, au racisme, exclusion, ils créent des passerelles entre théâtre et vie de la cité.

Urszula Mikos

Depuis sa première mise en scène en France en 1988 (l’ile-prison d’Athol Fugart avec Jaques Allaire et Bruno Pesenti), Urszula Mikos promeut l’écriture contemporaine et propose un théâtre qui, tout en refusant les concessions à la mode, à la facilité, cherche à toucher le public de manière directe et sensible. Chacune de ses créations est axée sur une thématique humaine et actuelle mais aussi autour d’une réflexion sur la forme théâtrale.

« Dans ses choix de textes apparaît une sensibilité aux antihéros à la solitude, et à l’atmosphère délétère de notre temps : Urszula Mikos trahit une profonde compréhension (…) de l’homme d’aujourd’hui. » – Agnieszka Kumor, RFI

Elle a déjà proposé dans le passé des cycles comme Enfermement qui étudie la désintégration de la personnalité dans laquelle la parole obsessionnelle devient la dernière manifestation d’un être en perte d’émotion, d’affect. Hero died propose la découverte d’œuvres constituant des étapes marquantes autant dans l’interrogation du statut du héros de théâtre que dans l’exploration de la crise du personnage qui s’intensifie depuis la période romantique. Naufrage interroge la schizophrénie contemporaine : celle de l’ambiguïté du monde auquel nous appartenons malgré nous, entre vie et apparence, fantasme et réel, dans lequel luttent constamment artifice, performance et sincérité.

Les spectacles d’Urszula Mikos donnent la sensation d’une cacophonie étrange et expressive. Le mélange des conventions théâtrales crée une impression de dissonance où une chorégraphie précise est traversée de moments de désordre, de paroxysmes, de saturations, de hors-jeu… La tromperie hallucinatoire, parfois emplie de stéréotypes et de clichés, s’oppose à l’irruption de la vie, au hasard.

Urszula Mikos pousse sa recherche de connexion entre l’acteur, le personnage et le spectateur jusqu’aux limites du théâtre: les acteurs travaillent dans un rapport brut au plateau et jouent de l’instantanéité de la représentation, tout comme ils peuvent s’abstraire d’un rapport frontal avec le public et créer leur « quatrième mur ». Dans plusieurs pièces, elle place l’action de la pièce à l’intérieur comme à l’extérieur de la salle. Ainsi, le lieu semble imprégné de l’univers de la pièce depuis longtemps, évitant l’impression de décor superficiel.

Elle envisage le personnage théâtral comme une « figure bricolée »: il est une forme abstraite, rapiécée, changeante, apte à donner l’image de nos déséquilibres. Il n’est plus un être défini par une psychologie mais par un parcours. Exposé à la multitude, condamné à une solitude désincarnée, ce «corps bricolé» apparaît presque absent de sa propre vie, capable de cruauté mais touchant et poétique.

L’excellence d’une équipe constituant un des éléments fondateurs de l’œuvre théâtrale, Urszula Mikos collabore souvent avec un cercle de comédiens de qualité venant d’univers très différents, cinéma, théâtre privé, théâtre institutionnel : Bruno Pesenti, Olivier Werner, David Ayala, Pierre-Félix Gravière, Matthias Mlekuz, Philippe Vieux, Michel Quidu, Gaël Chaillat, Yves-Robert Viala, Pearl Manifold, Perle Palombe…

Pour la scénographie, elle a plusieurs fois collaboré avec l’un des plus importants scénographes de notre temps, André Acquart (500 scénographies, collaborateur de Peter brook, Roger Blin, jean Vilar), des architectes et artistes, tels Kristina Solomouka, mondialement connue. Elle-même a conçu une dizaine de scénographies pour ses spectacles. Dans ses créations, elle invite de nombreux spécialistes de l’animation, du VJ, ou du cinéma expérimental et des compositeurs.

Olivier Cohen

Pour donner la parole à des personnages qui se confient, se souviennent, s’inventent, Olivier Cohen explore différentes formes musico-théâtrales : contes ou récits musicaux, poèmes dramatiques, leaders, opéras, livres disques, hoerspiels.... il développe également depuis plusieurs années un travail sur la vidéo pour poursuivre cet exploration des espaces intimes, sous une forme de réalisme fantastique.

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